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le fantastique

                     

Le fantastique est un genre littéraire fondé sur la fiction, racontant l’intrusion du surnaturel dans un cadre réaliste, autrement dit l’apparition de faits inexpliqués et théoriquement inexplicables dans un contexte connu du lecteur.

Selon le théoricien de la littérature Tzvetan Todorov, le fantastique ne serait présent que dans l’hésitation entre l'acceptation du surnaturel en tant que tel et une tentative d’explication rationnelle. En cela, le fantastique est situé entre les genres du merveilleux (et son incarnation contemporaine, la fantasy), dans lequel le surnaturel est accepté et justifié car le cadre est imaginaire et irréaliste, et de l’étrange, dans lequel les faits apparemment surnaturels sont expliqués et acceptés comme normaux. Contrairement à ces deux genres, dans le fantastique, le héros, comme le lecteur, a presque systématiquement une réaction de refus des faits surnaturels qui surviennent. Cette réaction de refus peut être mêlée de doute, de rejet et/ou de peur.

Cette définition plaçant le fantastique à la frontière de l'étrange et du merveilleux est généralement acceptée, mais a fait l'objet de nombreuses controverses, telle que celle menée par Stanislas Lem. Le lecteur intéressé est également invité à consulter la page de discussion de cet article.

Le fantastique est très souvent lié à une atmosphère particulière, une sorte de crispation due à la rencontre de l’impossible. La peur est souvent présente, que ce soit chez le héros ou dans une volonté de l’auteur de provoquer l’angoisse chez le lecteur ; néanmoins ce n’est pas une condition sine qua non du fantastique.

En 1772, Jacques Cazotte publie Le Diable amoureux, l'un des premiers livres qui se rapportent au fantastique. Dès les années 1830 les contes d'Hoffmann sont traduits en français et rencontrent un succès spectaculaire. Nodier est l'un des premiers à produire des contes fantastiques en France, suivi de Balzac, Prosper Mérimée, Théophile Gautier, puis Guy de Maupassant. La finesse de l'analyse psychologique prend le pas sur la folie débridée et morbide des débuts du fantastique. Les œuvres se veulent aussi mieux construites et plus homogènes. Ces auteurs adoptent volontiers un style neutre et accentuent les éléments réalistes, de façon à favoriser l'identification au narrateur.

En marge de ce courant, les nouvelles fantastiques de Nerval reprennent les thèmes de la solitude et de la folie d'Hoffmann, tout en y ajoutant des éléments auto-biographiques (Nerval lui-même souffrait de troubles psychologiques).

La mode du conte fantastique reste vigoureuse en France jusqu'à la fin du XIXe siècle. Dans les années 1880-1900, les nombreuses revues littéraires liées aux symbolistes et aux décadents publient régulièrement des contes fantastiques. Des auteurs se spécialisent dans ce genre : Jean Lorrain, Mathias Villiers de l'Isle-Adam, Jules Barbey d'Aurevilly, etc. Le conte se fait plus maniéré. On recherche la perfection stylistique. Les descriptions se font riches, l'exotisme et l'érotisme deviennent des éléments importants. La nouvelle traduction des Mille et une nuits par le docteur Joseph-Charles Mardrus remet l'Orient à la mode. Les histoires se font aussi plus scabreuses et plus crues et invoquent volontiers l'héritage de Sade. Enfin, le conte fantastique peut être une occasion de faire de la critique sociale, souvent dirigée contre le matérialisme bourgeois : c'est le cas pour Villiers de l'Isle-Adam ou pour Octave Mirbeau.

 

         
   
   

En 1772, Jacques Cazotte     publie Le Diable amoureux, l'un des premiers livres qui se     rapportent au fantastique. Dès les années 1830 les contes d'Hoffmann sont     traduits en français et rencontrent un succès spectaculaire. Nodier est l'un     des premiers à produire des contes fantastiques en France, suivi de Balzac, Prosper Mérimée, Théophile Gautier, puis Guy de Maupassant. La finesse de l'analyse     psychologique prend le pas sur la folie débridée et morbide des débuts du     fantastique. Les œuvres se veulent aussi mieux construites et plus     homogènes.

   
   

 

Ces auteurs adoptent volontiers un style neutre et accentuent les éléments réalistes, de façon à favoriser l'identification au narrateur.

En marge de ce courant, les nouvelles fantastiques de Nerval reprennent les thèmes de la solitude et de la folie d'Hoffmann, tout en y ajoutant des éléments auto-biographiques (Nerval lui-même souffrait de troubles psychologiques).

La mode du conte fantastique reste vigoureuse en France jusqu'à la fin du XIXe siècle. Dans les années 1880-1900, les nombreuses revues littéraires liées aux symbolistes et aux décadents publient régulièrement des contes fantastiques. Des auteurs se spécialisent dans ce genre : Jean Lorrain, Mathias Villiers de l'Isle-Adam, Jules Barbey d'Aurevilly, etc. Le conte se fait plus maniéré. On recherche la perfection stylistique. Les descriptions se font riches, l'exotisme et l'érotisme deviennent des éléments importants. La nouvelle traduction des Mille et une nuits par le docteur Joseph-Charles Mardrus remet l'Orient à la mode. Les histoires se font aussi plus scabreuses et plus crues et invoquent volontiers l'héritage de Sade. Enfin, le conte fantastique peut être une occasion de faire de la critique sociale, souvent dirigée contre le matérialisme bourgeois : c'est le cas pour Villiers de l'Isle-Adam ou pour Octave Mirbeau.                         Source : ( wikipedia )

        

PROJET 4

 

 

Rédiger une nouvelle pour expri­mer

 

son imaginaire et provoquer trou­ble et

 

questionnement chez le lecteur

 

 

 

 

 

Le fantastique en tant que littérature de l'interprétation.]

Le texte fantastique est par nature ambigu et demande à être interprété correctement. Les auteurs ont donc souvent recours à des techniques narratives qui conditionnent le lecteur. Les textes courts (contes et nouvelles) qui permettent de maintenir la tension dramatique sont privilégiés. Il est souvent fait appel à un narrateur, parfois redoublé d'un second narrateur qui introduit le récit et le met à distance.

Le lecteur du texte fantastique se retrouve face à un choix paradoxal : soit il fait confiance au narrateur et accepte la version « surnaturelle », et alors le texte devient évidemment une fiction ; soit il préfère une explication « rationnelle » qui ramène le texte dans le champ du réalisme, mais alors il doit mettre en doute la crédibilité du narrateur.

 

 

 

 

 

 

 

LYCEE    CHAFAI  AHMED                         BORDJ-MENAIEL                                                 BOUMERDES

CLASSES : 3.ASS                                                                                            .ENSEIGNANT  Mr  CHARANE.R

 

LE PROJET N° 4 :

REDIGER UNE NOUVELLE FANTASTIQUE.

 

 

  • LANCEMENT DU PROJET (Mise en Place du      Projet ): (1 séance).

Présenter en classe l’intitulé du Projet sous forme de Situation Problème :

 

 

OBJET D’ETUDE :

 

 

*visée: représentation singulière d'un monde

*Rapport histoire / narration

*Dramatisation et visée.

 

Séquence n°1 :

 

Introduire le fantastique dans un cadre réaliste.

 

 

 

Activité de lecture:

 * Le point de vue   du narrateur

* Les rythmes du récit: accélération, pause et   ralentissement

* La gradation et les procédés de dissimulation

Syntaxe :

*les temps du récit (imparfait / passé simple)

Lexique :

*lexique spécifique au récit (celui du fantastique)

*lexique des sentiments

 

 

Activité d’écriture

*Réiger un paragraphe qui termine une nouvelle (situation   finale)

*Continuer la rédaction d'une nouvelle en cédant la   narration au personnage

Activité de l’oral :

*Raconter une expérience (un phénomène étrange).

 

 

 

Séquence n°2 :

 

Exprimer son imaginaire dans une nouvelle fantastique.

 

Activité de lecture :

* Les indices et les informants

* Evolution de la description des actants

et du décor

*L'introduction et la chute du récit

Suntaxe :

*les procédés de caractérisation

- les adjectifs

- la relative

- le complément du nom.

 

Lexique :

* Les indices spatio-temporels

*le schéma actantiel.

* les termes de caractérisation (adjectifs)

Activité d’écriture

*faire grossier les traits d'une personne

*produire trois descriptions de personnes en variant le   point de vue

Activité de   l’oral :

*dresser le portrait d'une personne.

 

 

Séquence n°3 

 

Comprendre l'enjeu de  la  nouvelle fantastique.

 

 

Activité de lecture :

*Structure complexe de la nouvelle

 -les prolepses et   les analepses

- le récit et le(s) récit(s) encadré(s)

 

Syntaxe :

*la comparaison et la métaphore.

 

 

Lexique :

*le narrateur (ses formes)

*les indices temporels

 

Activité d’écriture

Imaginer une autre fin à une histoire

 

Activité de l’oral :

* résumer oralement une nouvelle (raconter)

 

 

Thèmes :          Réflexion sur les arts: Théâtre, Cinéma, Musique, Peinture

 

.

 LA PROBLEMATIQUE :

à   Anticiper sur le contenu et la forme du Document à produire :

           -  Qu’est- ce qu’un récit ? (Par opposition au discours, raconter, narrer….)

           -  Quels sont les différents types de récits que vous connaissez ? (Fait-divers- roman- B-D – film…)

           -  Quelles sont les catégories importantes des récits ? (Réels et fictifs)    

               à   Déterminer le contexte de communication :

-         Prévoir des groupes de deux à trois élèves pour la rédaction d’une nouvelle à la fin du dossier.

-         Celle-ci sera destinée à la lecture en classe puis  élire la meilleure à remettre à la bibliothèque du lycée.

               à Déterminer l’Intention de Communication ainsi que le Discours Dominant dans la nouvelle :

                   Le discours historique associé au discours explicatif et objectif (dates, lieux, noms, etc.) dans la présentation d’un fait d’histoire ; le discours argumentatif dans la présentation du combat d’un héros (bravoure, engagement, sacrifice, etc.) ; le discours narratif dans les témoignages d’une personne  qui raconte ses fait et gestes (au style direct) durant une bataille par exemple.

 

Fiche technique du Projet :

  1. Mise en      place de l’intitulé du Projet :

        Formulation et Problématisation en classe des termes du Projet.

 

  1. Mise en      route :

 

  • Evaluation Diagnostique pour sensibiliser l’élève  aux caractéristiques d’une nouvelle fantastique.
  • Expression Ecrite.

 

  1. Mise en      œuvre : lancement des séquences d’apprentissage.

 

La séquence 1 :   Introduire le fantastique dans un cadre réaliste.

La séquence 2 : Exprimer son imaginaire dans une nouvelle fantastique

La séquence 3 : Comprendre l'enjeu de la nouvelle fantastique.

 

 

Finalisation du Projet : présentation des nouvelles réalisées en groupes.

 

  1. Evaluation  Somative.

Nouvelle

La nouvelle est un genre littéraire qui se caractérise par sa brièveté, sa concision (toutes descriptions ou actions devant tendre vers la chute), son nombre restreint de personnages, une intrigue ou une fin surprenante. Elle comporte impérativement un titre qui ajoute du sens à l’intrigue.

EVALUATION DIAGNOSTIQUE

 

OBJECTIF :

  • Sensibiliser l’élève  aux caractéristiques d’une nouvelle fantastique.

 

Texte :                                              LE NEZ                  p169

 

Ce texte présente la situation initiale de la nouvelle intitulée Le Nez. Il illustre une caractéristique du récit fantastique.

 

Le 25 mars, un événement tout à fait étrange s’est produit à Saint-Pé­tersbourg. Le barbier Ivan Iakovlévitch, demeurant avenue Voznessenski (le souvenir de son nom de famille est perdu et son enseigne même ne porte rien de plus que la tête d’un monsieur au visage barbouillé de savon et l’inscrip­tion : Ici on pratique aussi la saignée), le coiffeur Ivan Iakovlévitch s’éveilla d’assez bonne humeur et sentit l’odeur du pain chaud. Se soulevant à demi sur son lit, il vit que son épouse, une dame assez respectable et qui appréciait beaucoup le café, retirait des pains du four.

-Aujourd’hui, Prascovia  Ossipovna, je ne prendrai pas de café, dit Ivan Iakovlévitch ; je mangerai plutôt du pain chaud et de l’oignon (Ivan Iakovlé­vitch se serait volontiers régalé de café et de pain frais, mais il savait qu’il était inutile de demander deux choses à la fois : Prascovia Ossipovna n’ad­mettait pas ces fantaisies).

« Il n’a qu’à manger du pain, l’imbécile ! Songea la dame ; tant mieux pour moi : il me restera plus de café ».

Et elle lança un pain sur la table.

Soucieux des convenances, Ivan Iakovlévitch enfila son habit pardes­sus sa chemise et s’étant installé à table, il éplucha deux oignons, les saupou­dra de sel, prit en main son couteau et, la mine solennelle, se mit en devoir de couper le pain. L’ayant partagé en deux, il aperçut à son grand étonnement une masse blanchâtre dans la mie ; il piqua la chose avec précaution du bout de son couteau, puis la tâta du doigt :

« C’est dur, se dit-il ; qu’est-ce que cela pourrait bien être ? »

Il plongea ses doigts dans la mie et en retira….un nez ! Les bras lui en tombèrent. Il se frotta les yeux et palpa l’objet : oui, c’était bien un nez. Et de plus, un nez qu’il lui semblait connaître. La terreur se peignit sur le visage

D’Ivan Iakovlévitch. Mais cette terreur n’était rien auprès de la colère qui s’empara de son épouse.

- Où as-tu coupé ce nez, animal ? s’écria-t-elle furieuse. Canaille ! Ivrogne ! Je vais te livrer à la police, brigand ! J’ai déjà entendu trois clients se plaindre que tu tirais tellement sur leur nez en leur faisant la barbe que tu as failli le leur arracher.

Cependant Ivan Iakovlévitch était plus mort que vif : il avait reconnu ce nez, qui n’était autre que le nez de l’assesseur de collège Kovaliov qu’il rasait chaque mercredi et chaque dimanche.

N. Gogol, le Nez (1835),

Trad. Française, Ed. Flammarion, coll. « GF Junior », 1995.

Important à savoir :

                                           Un début réaliste.

 

La situation initiale du récit fantastique commence par évoquer une réalité quotidienne et familière. Ce procédé rassure le lecteur pour mieux le perturber. Le personnage lui-même est un être banal, sans qualités exceptionnelles, contrairement aux héros des contes et des romans d’aventures. Dans ce cadre réaliste, un phénomène surprenant peut être perçu comme susceptible de recevoir une explication rationnelle, à la différence du phénomène fantastique qui n’est jamais élucidé. Dans le conte, le merveilleux ne cause pas de perturbation : il est accepté comme allant de soi.

Les questions :

 

QUESTIONS POSSIBLES

REPONSES EVENTUELLES.

- Après votre première lecture du texte, quel est   point de vue narratif (climat, genre) qui se dégage au début du texte ?

 

- Un profil réaliste.

 

- Quels sont les éléments qui le montrent ?

-  Les   circonstants : date, lieu, les personnages, les noms et les rôles. En   somme une situation quotidienne banale.

- Justement qu’est-ce qui fait la banalité de la   situation initiale ?

- Un coiffeur vivant avec sa femme, qui se lève le   matin et prend son petit déjeuner.

- Par rapport à un récit fictif, les personnages   de ce récit ont-ils quelque chose d’exceptionnel ?

- Non, ils sont des gens « normaux »,   comme tout le monde.

- Quel est le registre de langue dominant ?

- Courant et familier.

- Avant de parler de la découverte du nez, quelle   est la situation  créée par le   narrateur ?

- Une situation de tension et d’interrogation.

 

- Quels sont les éléments qui le montrent ?

 

- Il aperçut, à son grand étonnement, une masse   blanchâtre, la chose, avec précaution, (prudence, on connaît pas cet objet) tâta   du doigt, c’est dur, interrogation : « Qu’est-ce que ça pourrait   être ? »

- Et au niveau des temps des verbes ?

- Quelles sont  leurs valeurs ?

-  Emploi du   conditionnel= l’incertitude.

Le passé simple : faits successifs/ accomplis

- Quelle en est la conséquence sur le rythme du   récit ?

- Intrusion d’un fait étrange dans une situation   réaliste.

- Relevez les termes et expressions qui dénotent   la grande surprise d’Ivan.

- Les bras lui en tombèrent.

- Il se frotta les yeux.

- Palpa l’objet.

- C’est bien un nez !

- Cela signifie qu’il ne rêvait pas, c’est bel et   bien un nez !

- A quel moment a-t-il été terrifié ?

- Lorsqu’il lui sembla connaître le propriétaire   du nez. « Il était plus mort que vif »

 

- A cet instant crucial, quelle a été la réaction   de son épouse ?

 

- Elle se mit en colère.

- Elle menace son mari de le dénoncer pour un acte    

  qu’il   aurait commis, de plus, il avait des  

   antécédents.

- Etait-elle perturbée par cette situation   insolite ? Pourquoi ?

- Non ! Parce qu’elle avait déjà entendu   trois clients se plaindre de son mari.

 

-           Quel rôle joue   l’articulateur

 

          CEPENDANT ?

C’est l’entraînement d’une situation surprenante   hors de la norme connue,

inhabituelle, irrationnelle. (le nez dans le pain)

dans une situation réaliste, vraie- il reconnut   que c’était de  nez du client KOVALIOV.

 

Expression écrite :

 

Imaginez deux suites possibles à ce récit, l’une proposera une explication rationnelle de cet événement, l’autre une explication surnaturelle

Mise en Œuvre du Projet :

 

La Séquence 1 :

La séquence 1 :   Introduire le fantastique dans un cadre réaliste.

 

Les Compétences ciblées :

                 Compréhension de l’Ecrit et de l’Oral.

Activité de lecture:

 * Le point de vue du narrateur

* Les rythmes du récit: accélération, pause et ralentissement

* La gradation et les procédés de dissimulation

                  Production de l’Oral et de l’Ecrit.

Activité d’écriture

*Rédiger un paragraphe qui termine une nouvelle (situation finale)

*Continuer la rédaction d'une nouvelle en cédant la narration au personnage

Activité de l’oral :

*Raconter une expérience (un phénomène étrange).

                           Activités de langue.

 Syntaxe :

*les temps du récit (imparfait / passé simple)

Lexique :

*lexique spécifique au récit (celui du fantastique)

*lexique des sentiments.

 

1) LECTURE – EXPRESSION.

a)  Observation du texte –Hypothèses de sens.

b)  Lecture silencieuse.                                                 

                                                          LA MAIN.

                                                                              Texte  p 172 du livre de l’élève.

 

On faisait cercle autour de M. Bermutier, juge d’instruction qui don­nait son avis sur l’affaire mystérieuse de Saint-Cloud. Depuis un mois, cet inexplicable crime affolait Paris. Personne n’y comprenait rien.

M. Bermutier, debout, le dos à la cheminée, parlait, assemblait les preuves, discutait les diverses opinions, mais ne concluait pas.

Plusieurs femmes s’étaient levées pour s’approcher et demeuraient debout, l’oeil fixé sur la bouche rasée du magistrat d’où sortaient les paro­les graves. Elles frissonnaient, vibraient, crispées par leur peur curieuse, par l’avide et insatiable besoin d’épouvante qui hante leur âme, les torture comme une faim.

Une d’elles, plus pâle que les autres, prononça pendant un silence:

- C’est affreux. Cela touche au «surnaturel». On ne saura jamais rien.

Le magistrat se tourna vers elle:

- Oui, madame, il est probable qu’on ne saura jamais rien. Quant au mot «surnaturel» que vous venez d’employer, il n’a rien à faire ici. Nous sommes en présence d’un crime fort habilement conçu, fort habilement exécuté, si bien enveloppé de mystère que nous ne pouvons le dégager des circonstan­ces impénétrables qui l’entourent. Mais j’ai eu, moi, autrefois, à suivre une affaire où vraiment semblait se mêler quelque chose de fantastique. Il a fallu l’abandonner, d’ailleurs, faute de moyens de l’éclaircir.

Plusieurs femmes prononcèrent en même temps, si vite que leurs voix n’en firent qu’un:

- Oh! Dites-nous cela.

M. Bermutier sourit gravement, comme doit sourire un juge d’instruc­tion. Il reprit:

- N’allez pas croire, au moins, que j’aie pu, même un instant, supposer en cette aventure quelque chose de surhumain. Je ne crois qu’aux causes nor­males. Mais si, au lieu d’employer le mot «surnaturel» pour exprimer ce que nous ne comprenons pas, nous nous servions simplement du mot «inexpli­cable», cela vaudrait beaucoup mieux. En tout cas, dans l’affaire que je vais vous dire, ce sont surtout les circonstances environnantes, les circonstances préparatoires qui m’ont ému. Enfin, voici les faits: [....]

 

Guy de Maupassant, La main, 1883 •

FAIRE LE POINT.

 

Dans un récit cadre s’insère un autre récit à l’intérieur duquel on trouve une autre histoire – récit enchâssé ou emboîté - racontée par un narrateur relais. Ce récit dans le récit constitue parfois un enseignement ou une source de réflexion pour ceux à qui ils sont racontés, à chaque niveau du récit.

 

 

Compréhension : extrait  n° 1 de « la main »    p 172

 Guy de Maupassant, La main, 1883:

 

Etude de l’intrigue et l’absence de chute dans la nouvelle fantastique.

 

 

Avez-vous déjà entendu parler  de cet auteur ? A quelle époque a-t-il vécu ?

En parcourant l’introduction de ce récit, à quel type de situation nous guident certains éléments du texte ? (Affaire judiciaire mystérieuse, crime inexpliqué et inexplicable…)

 

 

b)     Questions de compréhension et de synthèse.

 

c)      Remplissez le tableau.

 

 

lieux

 

Expressions temporelles.

Personnages et fonctions

Présence du   narrateur.

 

Au tribunal.

Paris.

Le dos à la cheminée.

Depuis un mois.

Autrefois.

Mr BERMUTIER

Juge d’instruction.

Des femmes.

Oui.

On faisait cercle (…)à

Lexique appréciatif.

(inexplicable crime)

 

 

Relevez dans le texte le champ lexical relatif à la peur.

 (Frissonner, -peur curieuse- vibrer, crispé, l’épouvante, pâle, Oh !, hanter l’âme, mystère)

 

 

Portrait du juge d’instruction.

 

 

-         A partir de questions ciblées Réaliser le schéma ci-dessous dans le but de mettre en évidence la présence du narrateur,son statut de témoin,sa tendance à donner un cachet réaliste au récit, le maintien de la tension dramatique et l’enseignement tiré par son auditoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mr BERMUTIER.

JUGE D4INSTRUCTION.

 

 

                                                      

 

Oeil fixé sur la bouche du magistrat.

 

      

             

Parlait.

Assemblait les preuves

Discutait les opinions.

 

 

 

Mais ne concluait pas.

 

BERMUTIER

 

 

 

DEBOUT LE DOS à  LA  CHEMINEE.

 

 

 

 

 

 

                       La bouche rasée.                                                 Se tourna vers une femme

            Sortaient des paroles graves.                                     Présente le cas de ce  crime

                                                               Sourit gravement.

                                        JE NE CROIS QU’AUX CHOSES NORMALES.

                                         (rejet du surnaturel et parler de non expliqué)

 

 

Après lecture récapitulative :

Autres questions :

 

- Quels sont les temps dominants dans cet extrait ?        Imparfait et Passé simple.

-  Pourquoi, à votre avis, le narrateur, favorise-t-il le discours direct dans cet extrait?

 (Les  questionnements et les réponses sont plus vivaces lorsqu’elles émanent de la bouche des         actants. Le discours direct rapporte les paroles telles quelles, sans intermédiaire.)

 

Lecture par les élèves.

 

Recherche documentaire :

 

Demander aux élèves une fiche biographique de l’auteur avec ces principales œuvres et chercher le sens détaillé du mot VENDETTA.

 

 

 

LA MAIN. (Suite)

 

[…..] J’étais alors juge d’instruction à Ajaccio, une petite ville blan­che, couchée au bord d’un admirable golfe qu’entourent partout de hautes montagnes.

Ce que j’avais surtout à poursuivre là-bas, c’étaient les affaires de vendetta. Il y en a de superbes, de dramatiques au possible, de féroces, d’hé­roïques. Nous retrouvons là les plus beaux sujets de vengeance qu’on puisse rêver, les haines séculaires, apaisées un moment, jamais éteintes, les ruses abominables, les assassinats devenant des massacres et presque des actions glorieuses. Depuis deux ans, je n’entendais parler que du prix du sang, que de ce terrible préjugé corse qui force à venger toute injure sur la personne qui l’a faite, sur ses descendants et ses proches. J’avais vu égorger des vieillards, des enfants, des cousins, j’avais la tête pleine de ces histoires.

Or, j’appris un jour qu’un Anglais venait de louer pour plusieurs an­nées une petite villa au fond du golfe. Il avait amené avec lui un domestique français, pris à Marseille en passant.

Bientôt tout le monde s’occupa de ce personnage singulier, qui vivait seul dans sa demeure, ne sortant que pour chasser et pour pêcher. Il ne parlait à personne, ne venait jamais à la ville, et, chaque matin, s’exerçait pendant une heure ou deux, à tirer au pistolet et à la carabine.

Des légendes se firent autour de lui. On prétendit que c’était un haut personnage fuyant sa patrie pour des raisons politiques ; puis on affirma qu’il se cachait après avoir commis un crime épouvantable. On citait même des circonstances particulièrement horribles.

Je voulus, en ma qualité de juge d’instruction, prendre quelques ren­seignements sur cet homme ; mais il me fut impossible de ne rien apprendre. Il se faisait appeler sir John Rowell.

Je me contentai donc de le surveiller de près ; mais on ne me signalait, en réalité, rien de suspect à son égard.

Cependant, comme les rumeurs sur son compte continuaient, grossis­saient, devenaient générales, je résolus d’essayer de voir moi-même cet étran­ger, et je me mis à chasser régulièrement dans les environs de sa propriété. J’attendis longtemps une occasion. Elle se présenta enfin sous la forme d’une perdrix que je tirai et que je tuai devant le nez de l’Anglais. Mon chien me la rapporta ; mais, prenant aussitôt le gibier, j’allai m’excuser de mon inconvenance et prier sir John Rowell d’accepter l’oiseau mort.

C’était un grand homme à cheveux rouges, à barbe rouge, très haut, très large, une sorte d’hercule placide et poli. Il n’avait rien de la raideur dite britannique et il me remercia vivement de ma délicatesse en un français ac­centué d’outre-manche. Au bout d’un mois, nous avions causé ensemble cinq ou six fois.

Un soir enfin, comme je passais devant sa porte, je l’aperçus qui fu­mait sa pipe, à cheval sur une chaise, dans son jardin. Je le saluai, et il m’in­vita à entrer pour boire un verre de bière. Je ne me le fis pas répéter.

Il me reçut avec toute la méticuleuse courtoisie anglaise, parla avec éloge de la France, de la Corse, déclara qu’il aimait beaucoup cette pays, cette rivage.

Alors je lui posai, avec de grandes précautions et sous la forme d’un intérêt très vif, quelques questions sur sa vie, sur ses projets. Il répondit sans embarras, me raconta qu’il avait beaucoup voyagé, en Afrique, dans les Indes, en Amérique. Il ajouta en riant:

- J’avé eu bôcoup d’aventures, oh! yes. […]

Guy de Maupassant, La main, 1883

FAIRE LE POINT

Le récit fantastique est le plus souvent fait à la 1ère personne par un narrateur digne de foi qui peut être témoin ou acteur du drame. Des événements irrationnels perturbent progressivement le cadre réaliste du récit. Ils provoquent de nombreuses incertitudes dans l’esprit du narrateur et du lecteur, ce qui est le propre du fantastique.

 

EXPRESSION ECRITE

 

                                          Rédigez un paragraphe qui terminera ce texte et dans lequel le narrateur interviendra (comme dans le début de l’extrait précédent) pour décrire l’atmosphère et les lieux dans lesquels se passe cet échange entre les deux personnages.

1)  Compréhension : extrait  n° 2 de « La main »

                                                                

Exercice  1.  Etude de l’extrait 2 de la nouvelle :

P 174

Travail en relation avec la recherche documentaire.

 

 

QUESTIONS   POSSIBLES

REPONSES   EVENTUELLES.

 

-   Quelle île surnomme-t-on : L’île de Beauté ?

-   Connaissez-vous La Corse ?   Citez ses clubs de Football connus.

-   Quelle est sa particularité dans l’actualité d’aujourd’hui ?

 

 

La CORSE.

F.C.BASTIA – A.AJACCIO. PORTO-VECCHIO…

 

FLNC et autres    mouvements autonomistes, attentats contre les symboles de l’état   français….

 

1)      Lecture magistrale :

2)      Lecture silencieuse.

3)      Synthèse de lecture.

 

Quel titre pourriez-vous proposer à cette partie du récit ? (La rencontre du juge avec Sir John Rowell.)

 

Remplissez le tableau ci-dessous portant sur la spécificité des délits en CORSE.

 

 

Temps

Verbe

Introducteur.

Lieu.

Type du délit et du  conflit.

Descriptions et Qualifications.

 

J’étais

AJACCIO

 

Petite ville blanche au nord d’un admirable golfe.

Entouré de hautes montagnes.

(lieux de fuites et de caches)

 

Ce que j’avais à poursuivre.

Nous retrouvons.

Là-bas

*Affaire de Vendetta.

*Sujets de vengeance.

* Haines.

 

 

 

* Ruses.

*Assassinats et Massacres.

- Superbes.

- Le plus beau sujet qu’on puisse rêver.

- Dramatique – Possibles - Féroces - - 

- Héroïques - Séculaires – Jamais  -- 

-  éteintes.

- Abominables

- Devenant actions glorieuses.

Depuis deux ans.

Je n’entendais que…

 

* Toute injure…

- Vengée sur la personne qui l’a faite, sur ses   descendants, ses proches.

 

J’avais vu

J’avais la tête pleine

 

*Egorger des vieillards, des enfants, des cousins.

 

 

 

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